Petit retour sur les activités du séjour Mieux vivre avec la maladie de Parkinson organisé en octobre 2015, avec quelques témoignages de participants…

Quatre-vingts personnes, Parkinsoniens âgés de 40 ans à 80 ans et leurs accompagnants, ont fait le trajet jusqu’au plateau du Vercors pour rejoindre l’Institut XPEO, un nouveau lieu dédié à la pratique de disciplines corporelles et énergétiques.

Le rassemblement avait pour but de proposer des activités telles que le Tai chi adapté à la maladie de Parkinson, le tango thérapeutique, la relaxation, mais aussi des conférences organisées par le Dr Valérie Fraix, du CHU de Grenoble. Le format à la carte a permis aux participants d’organiser leur emploi du temps à leur rythme et selon leurs affinités.

Pour la plupart des participants, les disciplines proposées étaient une découverte. Mais le Tai chi chuan et le tango, arts du mouvement habituellement réputés difficiles d’accès, ont été mis à la portée de tous grâce à la pédagogie particulière des animateurs, centrée sur la conscience du corps.

Utiliser son corps autrement

La méthode XPEO (Potentiel énergétique originel) a été initiée par Paul Woo Fon, président de l’Institut XPEO et enseignant de Tai chi chuan depuis plus de trente ans. Elle propose une approche directe et rapide des principes énergétiques du Tai chi chuan, là où l’enseignement classique requiert l’apprentissage sur plusieurs années d’un enchaînement complexe. Les mouvements sont plus courts, accessibles à tous et faciles à mémoriser. Ils s’accompagnent de tests ludiques à deux qui permettent d’affiner les ressentis et d’évaluer concrètement ses progrès.

Paul Woo Fon a adapté les mouvements aux difficultés motrices particulières liées à la maladie, tout en veillant à conserver l’efficacité énergétique des exercices. L’énergie en question, appelée Qi (prononcé « tchi ») dans la tradition chinoise, est une façon de mobiliser son attention et son intention dans les mouvements. Elle s’éprouve concrètement dans la posture du corps, dans l’équilibre, mais elle peut également s’utiliser dans les activités de chaque jour pour modifier sa façon de marcher, s’asseoir, se pencher, etc. Il s’agit donc là d’un Tai chi directement utile au quotidien.

Bien au-delà de la seule pratique des exercices en salle, c’est toute la façon de bouger qui se transforme. Comme l’a exprimé l’un des participants : « XPEO est un excellent moyen de renouer avec l’activité physique et de reprendre confiance en soi ! » (Foudil, 79 ans). Un autre participant, après seulement quelques jours de pratique observe que « l’amélioration de la posture et de la marche sont très nettes » (Philippe, 74 ans). Ou encore : « les ateliers ont été très bénéfiques pour moi qui ne savait presque plus marcher ! » (Michèle, 68 ans).

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Exercice énergétique XPEO pour alléger son corps

Apprendre à bouger à deux

Le tango que propose Maryse Le Bouill, danse-thérapeute et gestalt-thérapeute, s’inscrit pleinement dans la démarche XPEO. Le pas de danse contient tous les fondamentaux du mouvement : explorer ses appuis et sa façon de mobiliser son énergie, apprendre à se tenir debout en relâchant les tensions… Danser autrement, c’est aussi développer la conscience de soi, de son corps, de son axe pour apporter plus de fluidité dans tous les mouvements du quotidien. Les exercices à deux, que ce soit en danse ou en Tai chi, impliquent des aspects psychologiques et émotionnels, en plus des seules questions de motricité. Il se joue une interrelation qui implique l’écoute de soi et de l’autre dans une dynamique commune.

L’atelier danse propose dans chaque exercice d’intervertir les rôles et de passer alternativement de celui qui guide à celui qui est guidé. Pour les participants venus avec leur compagne ou compagnon, c’était l’occasion de travailler la relation aidant-aidé à travers le mouvement. La personne atteinte par la maladie se sent-elle capable de guider l’aidant dans un pas de tango ? Ce dernier accepte-t-il de lâcher prise et de se laisser guider par la personne malade ?

Apprendre à bouger à deux, en Tai chi comme en danse, a ainsi permis aux participants d’améliorer leur posture et de renforcer leur confiance en eux. La présence d’une dizaine de bénévoles, formés à la méthode XPEO, a permis à chacun d’être accompagné et de progresser à son propre rythme.

Un moment convivial

Le rassemblement était également une belle occasion de se retrouver entre malades. « Nous avons apprécié ce rassemblement non seulement pour les ateliers mais aussi pour la convivialité rencontrée dans les échanges avec les autres Parkinsoniens. » (Michèle et Hélène) D’autant plus que « tous les participants, comme les intervenants, étaient respectueux les uns des autres et dans l’écoute et le partage ! » (Nadine, 62 ans).

Nous avons  été particulièrement touchés par la présence de Didier Robiliard, président de France Parkinson pour qui « ce stage a donné une place importante aux traitements autres que médicamenteux. Il a également montré que les activités physiques sont nécessaires en faisant découvrir des potentiels ignorés par la plupart d’entre nous auparavant. »

Nous remercions également le comité France Parkinson Isère et son délégué, Hervé Desevedavy, qui ont contribué à la réussite de ce séjour.

Le 2e grand rassemblement aura lieu du 14 au 18 octobre 2016 à Autrans.

Didier Bieuvelet
Institut XPEO

Article paru dans le n°125 de l’Echo, revue trimestrielle de l’association France Parkinson
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La Fédération Française des Groupements de Parkinsoniens était également présente lors du séjour, en les personnes de Françoise et d’Yves Waché (vice-président de la FFGP). Ils ont publié dans La Page, la revue de la fédération, un long article présentant les activités et les conférences.

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