Depuis octobre 2014, l’ITCCA Grenoble organise des cours de Tai Chi – Qi Gong XPEO à destination des malades de Parkinson. Les séances hebdomadaires, d’une durée d’1h30 sont animées par Paul Woo Fon, directeur de l’ITCCA Grenoble et initiateur de la méthode XPEO.

Elles sont encadrées par le Dr Valérie Fraix, neurologue, qui suit médicalement certaines des personnes présentes : 13 patients, âgés entre 40 et 65 ans. Pour la majorité d’entre eux, la maladie est suffisamment sévère pour retentir sur leur qualité de vie au quotidien.

Valérie Fraix explique l’objectif et le déroulement des séances XPEO pour Parkinson.

L’article est en 5 parties.

Introduction

Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?

Dr Valérie Fraix : C’est une maladie neurologique chronique et progressive qui altère les capacités motrices. Elle est responsable de difficultés de marche, d’un ralentissement moteur et, parfois, d’un tremblement invalidant. Elle s’accompagne d’une fatigue globale, d’un manque d’énergie et de motivation associés parfois, au cours de l’évolution, à des difficultés de concentration et d’attention.

La maladie de Parkinson est la conséquence d’un déficit en dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans le contrôle de la motricité, des émotions et du plaisir. Mais on ne connait pas précisément l’origine de cette carence.

Il existe différentes formes de la maladie : certaines rigides, d’autres caractérisées par un tremblement, toutes ont un point commun, la lenteur du mouvement. Pour certains cas, la maladie peut être rapidement évolutive et impacter fortement la qualité de vie et l’autonomie de la personne. Contrairement aux idées reçues, elle peut être précoce et débuter entre 30 et 40 ans.

Séance hebdomadaire de Tai Chi XPEO, à Grenoble, avec des malades de Parkinson

Séance hebdomadaire de Tai Chi XPEO, à Grenoble, avec des malades de Parkinson

Quels sont les traitements connus ?

Le traitement est essentiellement symptomatique, c’est-à-dire qu’il vise à combler la carence en dopamine par la prise de médicaments. Ceux-ci peuvent avoir des effets secondaires très gênants au quotidien. Ils peuvent, par exemple, provoquer des effets moteurs exagérés comme des mouvements involontaires. Mais aussi s’accompagner de modifications du comportement : hyperactivité, difficultés à s’endormir, voire dépenses exagérées et goût pour le jeu, qu’il est important de dépister.

D’autre part, l’efficacité des médicaments peut fluctuer pendant la journée et, le plus souvent, l’évolution de la maladie impose d’augmenter les doses et donc de renforcer les risques d’effets secondaires. Les techniques neurochirurgicales de stimulation cérébrale profonde sont réservées aux cas les plus sévères.

Parallèlement aux traitements médicamenteux, la rééducation fonctionnelle fait également partie de l’arsenal thérapeutique sous la forme de séances de kinésithérapie, basées surtout sur les étirements et le renforcement musculaire.

Afin de limiter l’impact de la maladie dans la vie quotidienne, et pour permettre aux patients de s’investir pleinement dans la prise en charge de leur maladie, de plus en plus de médecins et des structures hospitalières se tournent vers des solutions naturelles et alternatives, comme le Tai Chi Chuan ou le Qi Gong.

Témoignage

Ma motivation est sans faille, je parcours plus de 100 km chaque semaine pour aller au cours XPEO de Paul Woo Fon. Je ressors chaque fois avec quelque chose de plus fort en moi. Je suis plus calme, plus apaisée, plus relâchée, j’ai moins de raideurs et plus de souplesse dans mes déplacements. Je remarque aussi que mes tremblements ont diminué. Paul utilise un vocabulaire simple, compréhensible et précis, cela facilite la progression au fil du temps. C’est important de comprendre et de sentir l’importance de chaque geste pour aller au-delà. »

— Catherine

 


Télécharger l’article au format PDF

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *